Hautes voltiges

29 avril 2016

Projet d’intégration pour le parc Saphir à Ste-Brigitte de Laval
Installation prévue en septembre 2016
L’œuvre installative est bien visible puisque généreusement surélevée du niveau du sol. Ainsi juchée, ce triptyque a la spécificité d’être à la fois monumental et discret. Située en montagne dans les Laurentides, le motif se contemple de tous les points de vue, en plongé (du stationnement) ou en contre-plongée (du bas de la pente), de près comme de très loin. Ce stratagème a aussi l’avantage de proposer une œuvre qui restera visible avec un hiver enneigé.

Les positions des ours donnent l’impression d’un mouvement de cabriole dans l’espace. L’observateur est pris dans ce mouvement séquentiel, trois arrêts sur images qui proposent un prolongement, une circularité du regard. On peut penser à des mouvements de danse, plus précisément au rap avec des chorégraphies corporelles appréciées des adolescents! Un regard attentif montre toutefois que les ours sont identiques, que seul le positionnement change. Cette stratégie empruntée aux sculpteurs minimalistes a aussi été utilisée par Jo Fafard avec ses vaches au centre-ville de Toronto.

Les ours aiment grimper, mais ceux-ci évoquent dans le contexte du complexe multi sportif trois niveaux du podium. Parfois, pour dessiner les médailles, les enfants utilisent les trois couleurs primaires. Cela explique la présence du jaune, du rouge et du bleu pour les trois poteaux. Cependant, toutes les médailles sont en or puisque les oursons sont faits en laiton.

La hauteur totale maximale fera 380 cm (330 cm et 310 cm pour les deux autres élévations). Le déploiement en hauteur occupe 280 cm de diamètre. L’angle des poteaux est de 10 degrés, ceux-ci sont légèrement inclinés afin d’ajouter au déséquilibre.
réalisation prévue à l'été 2016

échelle 1:10

réalisation prévue à l'été 2016

Mon trésor, nouvelle école primaire Saint-Laurent Ouest

16 juin 2015

Dans ce nouveau projet, la tête d’un ours est devenue tellement immense qu’elle devient une planète. Cette dernière est ajourée et tient aussi le rôle d’une enveloppe, d’une protection qui garde un trésor en son centre, soit une très grosse pierre bleue taillée à la façon d’une pierre précieuse.
La tête d’ours ainsi représentée se veut un clin d’œil à l’histoire récente de la sculpture. Ainsi, l’angle dans lequel repose la tête rappelle la célèbre sculpture de Brancusi : La muse endormie (1910). Cette œuvre, tout en s’inscrivant dans la continuité de mon curriculum (les ours de Ste-Justine ou celui du CUSM), est singulière et est, comme toujours, polysémique : elle évoque, suggère des pistes (poupée Gigogne, bilboquet…), mais elle reste d’abord ouverte aux interprétations.
En surface, le motif industriel de l’aluminium déployé évoque le caractère exponentiel des chemins possibles que chacun peut suivre. Les motifs en formes de losanges sont dynamiques et animent tout le volume. L’apposition du métal doit s’adapter constamment au modelé de la matrice qui sera exécuté au préalable en bois et des solutions lors de la rencontre des motifs devront être développées dans le feu de l’action.
La sculpture recèle un trésor bleu qui se doit d’être d’une incomparable beauté. La technique de peinture utilisée consiste en l’application de nombreuses couches de laque transparente, ce qui donne au final un fini miroir qui viendra mettre en abîme, par des réflexions multiples, toute la représentation interne, tous les sens possibles de l’œuvre. Un système d’éclairage a été conçu par un éclairagiste professionnel pour que, l’obscurité venue, un spectacle visuel émane de cette couleur particulière (jeux de réflexion et de miroir).

CHU Ste-Justine, La promenade des ours!

27 novembre 2014

L’œuvre actuellement en cours de réalisation dans l’atelier de Compton comporte de nombreuses sculptures qui seront chaudronnées en laiton et en aluminium. Il y a trois parties, un élément totémique à l’entrée (superposition de 8 galets colorés), une promenade des ours située entre la piste cyclable et le trottoir (comprenant quatre ours adultes et tout autant d’oursons en laiton) et un ours planète sur son galet tout à l’ouest du site. L’ensemble prendra place au printemps 2016.

Oeuvre en chantier, CUSM, Je suis là!

10 septembre 2014

Je suis là!

Je suis là!

Je suis là!Je suis là!Je suis là!Je suis là!Je suis là!Je suis là!Je suis làLe travail n’est pas encore terminé, il reste à finaliser la base en granit et à insérer le système d’éclairage à l’intérieur de l’ours. Des photos suivront lorsque le tout sera complété.

Projet d’intégration pour le nouvel hôpital de Montréal pour enfants du Centre universitaire de santé McGill (CUSM)

8 septembre 2014

Je suis là!Je suis làJe suis là
L’ours, symbole de courage
L’ours est, dans tout mon travail, la représentation qui a su toucher le plus large public. Toujours, je l’ai réinventé, mais toujours il revient à la fois solide et tendre, à la fois plein de rêve et de réalité. Complémentaire à l’ours, il y a aussi de récurent dans mon travail, l’idée de la constellation, grande ou petite, avec tous les chemins qu’on peut imaginer entre ses parties.
Dans le cadre de ce projet en particulier, considérant mes affinités naturelles pour le monde de l’enfance, je me suis senti interpelé. C’est en pensant aux enfants combattant la maladie, en pensant aussi à leurs parents ainsi qu’au personnel soignant, que j’ai trouvé une réponse, une solution toute simple : j’allais m’adresser au cœur.
J’ai donc inventé l’histoire d’un ours géant qui avait courageusement appris à marcher sur les planètes, à circuler entre les étoiles; et c’est en m’abreuvant à de singuliers récits que j’ai compris que pour aider les animaux à parvenir aux plus grandes choses, les meilleurs dompteurs du monde n’avaient eu besoin que de leur chuchoter quelques petits mots.
Description de l’œuvre
L’ensemble des deux parties de l’œuvre (intérieur et extérieur) forme un tout singulier, cohérant et indissociable non seulement grâce à l’utilisation collatérale de mêmes motifs, de mêmes textures et matériaux, mais surtout en raison de l’immense tableau qu’il compose à partir de l’intérieur.
Des astres de différentes natures et dimensions composent une fresque aux tons se mouvant selon l’heure du jour. Un ours occupe le point de perspective et se fait plus ou moins discret selon le jeu perpétuel des lumières naturelle et artificielle.
L’œil des enfants complètera, possiblement plus facilement que le notre, la grande forme circulaire annoncée sur les murs adjacents à la paroi vitrée. Comme chacun des deux grands croissants verticaux se morcèle en plusieurs autres plus petits tableaux circulaires, ce sera là un facteur exponentiel de chemins, de mondes possibles qu’évoqueront ces formes finement morcelées. Des méandres, des traces, des pistes, évoqueront des nuages en mouvances, où chacun sera libre d’y voir ou d’y entendre des réponses à ses propres questions.
L’ours en équilibre sur sa boule géante s’impose par sa stature, mais la perspective globale à travers laquelle on le voit de l’intérieur relativise son importance. Vu de l’extérieur, il semble danser et il suggère un léger mouvement hélicoïdal qui le rend dynamique de tous les points de vue. Et en dépit de ses fortes dimensions, l’ours dressé semble nous rappeler, à la façon humble de son compatriote créé par St-Exupéry, qu’on ne peut pas nécessairement être plus grand que le monde dans lequel nous vivons.
Nous allons tous à l‘hôpital pour recevoir de bons soins, et nous regardons ceux qui y travaillent avec beaucoup de respect; mais quelle est la part du rêve dans la guérison des jeunes, dans l’épanouissement des professionnels qui les soignent? Que peut tous leur apporter un ours géant qui a appris à marcher avec aisance sur une boule qui, elle, glisse dans l’infini?
Je n’ai évidemment pas de réponse à ces questions, mais j’ai toujours eu la conviction que l’imaginaire avait un grand impact sur la vie humaine, et qu’ainsi il pouvait souffler à l’oreille des enfants malades et à celle de leurs parents de garder espoir, car c’est ainsi que, tel un ours et des planètes qui jouent doucement ensemble, ils trouveront et maintiendront leur équilibre pendant et après l’épreuve.
Le soir venant, la lumière bleue du ciel se combinera à celle de la même couleur émanant de l’intérieur de l’ours. Inspirant le calme et la confiance, l’ours sera une vigile prenant la relève du jour. Toute la nuit il gardera le courage éveillé, et lui fera sans cesse murmurer: Je suis là!

Si près de la Montagne Noire

4 juillet 2013

Vue partielle (maquette)Vue partielle, maquetteJ’ai récemment gagné un concours dans le cadre des projets d’intégration des arts à l’architecture. J’aurai donc à réaliser un relief qui sera installé sur les murs extérieurs du centre de ski Mont Grand-Fonds, à La Malbaie. L’œuvre que j’ai présentée, que vous pouvez ici voir dans sa version maquette, est composée d’un ensemble de disques de différentes grandeurs peints en des couleurs autant subtiles que variées. Mais, en y regardant plus attentivement, on constate que les disques comportent un premier et un second plan. Le premier, en général plus foncé, est ajouré par endroits et laisse entrevoir les couleurs du second plan. L’intérêt de ces découpes en croissants vient du fait qu’elles délimitent certains espaces et qu’elles laissent la place à des aplats qui, se fusionnant dans l’oeil du spectateur, font des bonds d’un disque à l’autre et laissent apparaitre une immense corneille en vol. Ces traits courbés et effilés aux deux extrémités proviennent de gravures que j’ai récemment réalisées en enfonçant à répétition un tranchet dans des plaques d’aluminium.
Sur le mur adjacent, face à la montagne, un disque plus grand présente les mêmes caractéristiques techniques, mais il n’y a pas cette fois d’élément figuratif à découvrir. Du haut de la montagne, on pourra toutefois regarder l’objectif à atteindre, soit le grand point bleu qui se détache du fond argenté. Vu de près, avant ou après la descente, l’intérieur de cette cible semblera porter les traces du trajet à venir ou de celui déjà effectué. J’ai habituellement parcouru le chemin qui va de la sculpture vers la gravure et les autres médiums 2D. Je me suis cette fois laissé tenter par la voie inverse, et ce qui n’avait tout à l’heure que quelques millimètres sur la feuille de papier aura, sur le mur extérieur d’un grand bâtiment, 10 ou 20 centimètres.
Et tout ça aura été conçu autour d’un oiseau simple, magnifique et résilient. La corneille est entrée naturellement dans mon univers, mystérieuse et folle, volant tout près au dessus de ma tête ou encore perchée bien loin à travers les branches. Je la reconnaitrai désormais partout, plus facilement encore qu’une immense montagne qui perdrait son nom en cours de route.*
*C’est une anecdote. Ce projet s’appelle La Montagne Noire en référence directe au nom de la montagne sur laquelle les gens font du ski à cet endroit, mais on m’a, après ma présentation, informé qu’il y avait de la confusion à ce sujet et que la Montagne Noire n’était pas celle que je croyais, mais une autre, située à proximité.

Édition de gravures

6 mars 2013

J’ai déjà réalisé quelques séries de gravures. Au début des années 2000, il y eut Les chemins élémentaires, imprimées à partir de matrices en aluminium provenant d’un projet d’intégration des arts à l’architecture. Puis il y eut Ours en bois, gravures elle aussi imprimées à partir d’un projet de sculpture comportant des laminages en bois dérivés de leur fonction première. Dans ces deux cas, j’allais de mon milieu naturel, la sculpture, vers un univers qui m’étais moins familier, le gravure. Puis, des choses ont changé en 2012. En effet, je suis à mettre le point final à une série de gravures qui ne proviennent aucunement de mon travail de sculpture. Et au contraire, c’est plutôt cette dernière série qui semble maintenant vouloir enrichir mes oeuvres 3D, comme en témoignent certains projets que j’ai récemment présentés dans le cadre du 1%.
La série Corvidae est née alors que je dessinais des oiseaux fascinants, des corneilles, sur un support que je découvrais, soit le film polyester translucide Mylar. J’ai eu l’idée de demander à mon technicien et collaborateur Bernard Paquet de graver quelques-uns de ces oiseaux sur des plaques épaisses d’aluminium. Cette façon de faire découlait du martelage du métal propre à la réalisation de certaines de mes sculptures. L’outillage spécifique utilisé pour marquer avec force l’aluminium provenait d’un héritage lié à la maréchalerie (poinçon et tranche). Les images ont par la suite été imprimées façon gravure sur bois sur ce même film polyester qui me servait à dessiner. La translucidité de ce dernier permet un transfert par frottis précis, mais n’empêche pas le caractère artisanal du procédé de ressortir.
On peut aussi voir, au second plan, un second oiseau interagir avec le premier. Il est également travaillé sur un support Mylar, mais à l’aide de bonbonnes de couleur, de pochoirs et de caches. Le second oiseau transparait donc derrière celui du premier plan, et la réunion des deux crée une tension, une dynamique, tant au niveau des formes, des couleurs que des textures.
Au départ de cette série, il y avait l’idée de faire un clin d’oeil aux Oies de Riopelle, mais très vite je me suis laissé prendre au jeu du vol et des couleurs de mes propres oiseaux. Les corvidés sont de beaux oiseaux. Ils sont particulièrement intelligents et leur vol est enjoué. On dit des corvidés qu’ils sont les seuls oiseaux qui sachent jouer entre eux. L’oiseau qui vole corrobore le goût de l’évasion. Et malgré la force avec laquelle il aura fallu au départ frapper la plaque d’aluminium, on parvient à conserver la finesse des découpes qui évoquent des méandres, des traces, des pistes, le dessin à la manière de Van Gogh.

Qilalugaq

21 août 2012

Petit cousin du qilalugaq inuit, le béluga qui évolue dans le St-Laurent est menacé par les rejets humains. J’ai amorcé cette sculpture lors de la Biennale de sculpture de St-jean-Port-Joli. La commissaire Caroline Loncol Daigneault a placé son évènement sous le thème de l’hospitalité. Je traduis avec des contenants d’emballage surutilisés pour vendre des produits de consommation courante, l’iconographie traditionnelle animalière. Le béluga est un baromètre important de l’état des lieux, il évolue dans notre environnement et sa survie est menacée. Mon travail amorcé il y a 10 ans avec les boîtes de carton tente de répondre à ces questions: comment décrire le monde actuel et comment parler d’avenir? J’ai choisi l’humour plutot que le désespoir pour répondre à ces questions.

Sculpture permanente pour le 30e Symposium international d’art contemporain

31 mai 2012

Vidéo du travail de chaudronnerie, Prends-moi la nuit
Ma sculpture Rencontres sera installée au mois d’août devant l’hôtel de ville à la Place du citoyen pour commémorer le 30e anniversaire de cet événement majeur au Québec et au Canada. C’est au Symposium de la jeune peinture à Baie St-Paul en 1984 que j’ai réalisé ma première sculpture sur bois (Billot-paysage et ours, 1984). Très sensible à mon environnement, je me suis laissé imprégner par les gens, le paysage et la culture de la région. Invité par le commissaire Nicolas Mavrikakis en 2007, je suis venu réaliser un second ours fait du recyclage de boîtes de carton (ours polaire, 2007). Pour les 30 ans de l’événement et sous la gouverne du commissaire Serge Murphy, je suis invité par le directeur du musée Jacques St-Gelais Tremblay et la ville de Baie St-Paul à réaliser une oeuvre permanente qui prendra place près de l’aréna où se déroule les symposiums.
La sculpture sera réalisée en laiton (chaudronné par Bernard Paquet à partir de Prends-moi la nuit, une sculpture en bois sculptée en 1992) et présente dans sa partie haute deux oursons enlacés. Par la chaleur du geste et la noblesse du matériau, l’oeuvre veut rendre un vibrant hommage aux nombreux participants de tous les symposiums et rappelle les liens tissés entre les artistes et le public. La proposition comprend également deux sections d’un banc circulaire en aluminium qui va rayonner autour de la sculpture. Ce banc et l’aménagement rappellent le motif de la cible, sigle fétiche du Symposium de Baie St-Paul.
Depuis le début du 20e siècle, de nombreux artistes de renom ont séjourné à Baie St-Paul et immortalisé ses paysages. Pour perpétuer cette tradition artistique, Françoise Labbé, artiste visionnaire et directrice du centre d’art de l’époque crée le Symposium de la jeune peinture au Canada. Ce happening annuel, se déroulant pendant tout le mois d’août, met en valeur la peinture et le travail de l’artiste devant le public, dans l’aréna de la ville. La manifestation embrasse maintenant toutes les disciplines des arts visuels et est reconnue internationalement comme étant une étape importante dans la carrière d’un artiste et est courru par les amateurs d’art contemporain.
L’inauguration de la sculpture aura lieu le 5 août.

Le vol du colibri

8 septembre 2011

maquette de travailJe réalise actuellement pour le cégep où j’enseigne une oeuvre murale, Le vol du colibri se présente tel un oiseau en négatif fait de plusieurs éléments en aluminium. Il sera superposé au mur de granit des résidences du Cégep La Pocatière.

J’ai dessiné sur la facade ce bel oiseau en meublant son pourtour avec des formes souples et foisonnantes relativement abstraites inspirées de la nature. On est ici en présence de figuration lyrique et mystérieuse. Un conte amérindien connu Le vol du colibri illustre comment nous pourrions changer le monde si chacun de nous accomplissait ce qui est en son pouvoir. Si petit, face à lui la pire des choses, un grand feu de forêt, l’extrême. L’attitude du colibri étonne car, contre toute attente, plutôt que de fuir, il attaque en tentant d’éteindre le feu de forêt en laissant tomber de l’eau, goute à goute sur l’immense braisier. Ne pas fuir, ne pas baisser les bras, le combat évoqué par cette légende a pour cadre les enjeux collectifs en accord avec les valeurs profondes d’un cégep vert.
L’aluminium possède des qualités intrinsèques qui le rendent indispensable: surface lisse offrant un contraste de matière avec le mur bossé, durabilité, entretien nul. Et puis sa production energétivore commence à se faire en harmonie avec l’environnement, et ce grâce à l’entêtement des chercheurs qui ne croyaient plus au miracle de l’aluminium à produire sans contrainte. J’ajoute que je réalise ce projet en recyclant totalement les chutes d’aluminium de mon projet Nymphéas au Centre sur la biodiversité du Jardin botanique de Montréal. Un éclairage spécial et animé de type DEL, conçu en collaboration avec Frédéric Dubé du département de technologie physique du Cégep La Pocatière ajoutera une touche toute particulière à ce travail. L’installation est prévue au printemps 2012.