Centre sur la biodiversité

J’ai remporté le concours pour le projet d’intégration au nouveau Centre sur la biodiversité – Institut de recherche en biologie végétale (Université de Montréal). Situé au Jardin botanique de Montréal, le Centre sur la biodiversité sera inaugurée à l’automne 2010. L’inauguration de l’oeuvre se fera au printemps 2011.

Vue d'ensemble, maquette

Maquette, Nymphéas, 1%, Projet d'intégration, Relief

Nymphéas (extrait du texte de présentation au comité du 1% pour l’obtention du projet)

Je présente ici une œuvre qui s’harmonise au caractère intime du lieu, qui va dans le sens de l’idéologie du Centre sur la biodiversité et qui offre aux spectateurs la possibilité de rêver à travers un jeu visuel de labyrinthes à la surface de l’eau.

Maquette 1:20, relief

Maquette 1:20

L’utilisation du bassin comme support de cette œuvre de bois torréfié et d’aluminium laisse la courette libre pour les expositions extérieures. De la grande salle d’exposition, l’œuvre n’obstrue pas la vue sur la magnifique placette. L’œuvre joue de polyvalence en étant à la fois monumentale et discrète. Aussi, les motifs se contemplent autant de l’intérieur que de l’extérieur, de même que des bureaux des autres bâtiments.

Le choix du peuplier faux-tremble comme bois de recouvrement s’est fait sous le signe de l’engagement social et écologique. Une fois torréfié, ce bois acquiert les qualités des essences rares et même exotiques. L’aluminium possède quant à lui des qualités intrinsèques qui le rendent indispensable, voire irremplaçable. Il est ici le pendant moderne et sous jacent du bois qu’il porte (structure) et met en valeur.

On décèle dans l’œuvre tout un répertoire de pistes quant à sa signification. On croira y voir un oiseau, une plante, un poisson… On est toujours dans le vrai et le faux à la fois, car chacune de ces lectures est mise en doute par l’arrivée d’une autre. À travers ces illusions, toutefois, quelque chose de plus organisé émerge et persiste. Il s’agit d’un chemin, d’un tracé, d’une constellation, d’une structure étoilée scintillant dans l’eau tremblante du bassin. L’ensemble peut également évoquer une réflexion des nuages du ciel, qui sont justement les maîtres des évocations furtives.

Philosophiquement, nous sommes en présence de concepts s’opposant, tels l’ordre et le désordre, le rationnel et l’intuitif, la stabilité et la turbulence, le rêve et le réel. L’œuvre propose donc une migration évolutive : en partant de ce que nous percevons et que nous appellerons le réel (des formes et des couleurs), d’autres mondes possibles apparaissent, jaillissent momentanément du chaos. Ce sont, ici, l’art, là, la science, qui s’esquissent et s’entremêlent parfois. Mais la solution simple, la clef, n’existe pas, et chacun balisera son propre sentier.

Michel Saulnier

Nymphéas, travail en cours

Travail en cours de réalisation, découpe des feuilles d'aluminium, août et septembre 2010

Assemblage des modules

Assemblage des modules

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5 commentaires sur “Centre sur la biodiversité”

  1. P. Boulanger dit :

    La profondeur de la réflexion qui guide la création de vos oeuvres m’impressionne sincèrement. Félicitations pour votre projet!

  2. Bernard Paquet dit :

    Bonjour Michel,
    J’ai eu un réel plaisir à relire ton texte de présentation. Rien ne semble alambiqué, le propos est vaste et ouvert.
    Je retourne dans mon atelier, de nombreuses plaques d’aluminium m’y attendent…
    Bernard

  3. Bravo, je suis content que tu aies remporté le concours. J’ai hâte de voir la réalisation.
    Mb

  4. Malsagefs dit :

    tres interessant, merci

  5. Stéphane Dupont dit :

    Bonjour M. Saulnier

    Je ne me souviens plus si nous vous avions donné un lien vers nos photos de votre œuvre d’art au Centre sur la biodiversité. En voici un nouveau et le dossier contient maintenant quelques photos hivernales que je viens de prendre.

    https://picasaweb.google.com/100267657487737786846/OeuvreDArtDuCentre?authuser=0&authkey=Gv1sRgCL2i1uqVoNGg3wE&feat=directlink

    Je me disais depuis un moment que je devrais refaire un tour sur le toit pour prendre des photos de l’œuvre en hiver mais ça ne donnait jamais bien : trop de neige (œuvre partiellement cachée), ou couverture de neige ou de glace non-uniforme, ou simplement moi qui n’avais pas le temps ou la présence d’esprit au bon moment.

    Ce matin j’ai constaté que l’œuvre était particulièrement belle avec sa couverture uniforme de neige collante, assez épaisse mais pas trop, tombée vendredi et samedi. D’après ce que je comprends, le manteau de neige collante est pas mal plus épais par chez vous mais, pour nous, ça a été un retour fort agréable à l’hiver après une longue période de conditions printanières bien trop précoces.

    Stéphane