Archive pour le mot-clef ‘Sculpture relief’

Si près de la Montagne Noire

Jeudi 4 juillet 2013

Vue partielle (maquette)Vue partielle, maquetteJ’ai récemment gagné un concours dans le cadre des projets d’intégration des arts à l’architecture. J’aurai donc à réaliser un relief qui sera installé sur les murs extérieurs du centre de ski Mont Grand-Fonds, à La Malbaie. L’œuvre que j’ai présentée, que vous pouvez ici voir dans sa version maquette, est composée d’un ensemble de disques de différentes grandeurs peints en des couleurs autant subtiles que variées. Mais, en y regardant plus attentivement, on constate que les disques comportent un premier et un second plan. Le premier, en général plus foncé, est ajouré par endroits et laisse entrevoir les couleurs du second plan. L’intérêt de ces découpes en croissants vient du fait qu’elles délimitent certains espaces et qu’elles laissent la place à des aplats qui, se fusionnant dans l’oeil du spectateur, font des bonds d’un disque à l’autre et laissent apparaitre une immense corneille en vol. Ces traits courbés et effilés aux deux extrémités proviennent de gravures que j’ai récemment réalisées en enfonçant à répétition un tranchet dans des plaques d’aluminium.
Sur le mur adjacent, face à la montagne, un disque plus grand présente les mêmes caractéristiques techniques, mais il n’y a pas cette fois d’élément figuratif à découvrir. Du haut de la montagne, on pourra toutefois regarder l’objectif à atteindre, soit le grand point bleu qui se détache du fond argenté. Vu de près, avant ou après la descente, l’intérieur de cette cible semblera porter les traces du trajet à venir ou de celui déjà effectué. J’ai habituellement parcouru le chemin qui va de la sculpture vers la gravure et les autres médiums 2D. Je me suis cette fois laissé tenter par la voie inverse, et ce qui n’avait tout à l’heure que quelques millimètres sur la feuille de papier aura, sur le mur extérieur d’un grand bâtiment, 10 ou 20 centimètres.
Et tout ça aura été conçu autour d’un oiseau simple, magnifique et résilient. La corneille est entrée naturellement dans mon univers, mystérieuse et folle, volant tout près au dessus de ma tête ou encore perchée bien loin à travers les branches. Je la reconnaitrai désormais partout, plus facilement encore qu’une immense montagne qui perdrait son nom en cours de route.*
*C’est une anecdote. Ce projet s’appelle La Montagne Noire en référence directe au nom de la montagne sur laquelle les gens font du ski à cet endroit, mais on m’a, après ma présentation, informé qu’il y avait de la confusion à ce sujet et que la Montagne Noire n’était pas celle que je croyais, mais une autre, située à proximité.

Le vol du colibri

Jeudi 8 septembre 2011

maquette de travailJe réalise actuellement pour le cégep où j’enseigne une oeuvre murale, Le vol du colibri se présente tel un oiseau en négatif fait de plusieurs éléments en aluminium. Il sera superposé au mur de granit des résidences du Cégep La Pocatière.

J’ai dessiné sur la facade ce bel oiseau en meublant son pourtour avec des formes souples et foisonnantes relativement abstraites inspirées de la nature. On est ici en présence de figuration lyrique et mystérieuse. Un conte amérindien connu Le vol du colibri illustre comment nous pourrions changer le monde si chacun de nous accomplissait ce qui est en son pouvoir. Si petit, face à lui la pire des choses, un grand feu de forêt, l’extrême. L’attitude du colibri étonne car, contre toute attente, plutôt que de fuir, il attaque en tentant d’éteindre le feu de forêt en laissant tomber de l’eau, goute à goute sur l’immense braisier. Ne pas fuir, ne pas baisser les bras, le combat évoqué par cette légende a pour cadre les enjeux collectifs en accord avec les valeurs profondes d’un cégep vert.
L’aluminium possède des qualités intrinsèques qui le rendent indispensable: surface lisse offrant un contraste de matière avec le mur bossé, durabilité, entretien nul. Et puis sa production energétivore commence à se faire en harmonie avec l’environnement, et ce grâce à l’entêtement des chercheurs qui ne croyaient plus au miracle de l’aluminium à produire sans contrainte. J’ajoute que je réalise ce projet en recyclant totalement les chutes d’aluminium de mon projet Nymphéas au Centre sur la biodiversité du Jardin botanique de Montréal. Un éclairage spécial et animé de type DEL, conçu en collaboration avec Frédéric Dubé du département de technologie physique du Cégep La Pocatière ajoutera une touche toute particulière à ce travail. L’installation est prévue au printemps 2012.