Art public

Sentier, 2011, Laiton, 250 x 195 x 150 cm, Photo : Jean-Sébastien Veilleux

Sentier

2011, Laiton, 250 x 195 x 150 cm

Photo: Jean-Sébastien Veilleux

 

Projet d’intégration réalisé en partenariat avec le Musée régional de Rimouski et les Jardins de Métis avec le soutien du programme d’Aide aux acquisitions du Conseil des Arts du Canada.

 

Sentier, une assez grosse sculpture de bois de cèdre, a d’abord été la matrice d’une autre sculpture formée en aluminium pour le Jardin zoologique de Québec (La vie qui bat, le Jardin zoologique a fermé ses portes depuis et la sculpture a été localisée dans un petit parc municipal). Sentier, la sculpture en bois, a été exposée à plusieurs reprises dans des galeries puis, après avoir été entreposée pendant plus de 2 ans, elle a été installée à l’extérieur dans mon jardin. Plus de dix ans passent et au moment de ma rétrospective au musée régional de Rimouski, nous convenons Franck Michel et moi, d’installer la sculpture devant le musée. J’ai ensuite fait un legs au musée qui a eu l’idée de la placer dans sa collection d’œuvre in situ aux Jardins de Métis. Quelques mois plus tard malheureusement, la sculpture se brisait à sa base et tombait, coupée en deux (le travail des fourmis, une mauvaise restauration  en 2002, les raisons peuvent être nombreuses). J’avais l’intention de la réparer et je ne me souviens pas exactement comment est venue l’idée de faire beaucoup plus et de la  chaudronner en laiton, mais une demande du musée a suivie au CAC et les nouveaux propriétaires trouvaient les fonds nécessaires pour effectuer ce travail. Mon collaborateur Bernard Paquet qui fait  la chaudronnerie de la sculpture nous parle du laiton et de sa technique de façonnage:

« Le laiton est un alliage composé essentiellement de cuivre. Il est en ce sens apparenté au bronze, mais en diffère quant à sa malléabilité. On peut donc se le procurer en feuilles de différentes épaisseurs (0.125 » dans ce cas-ci) et, après lui avoir fait subir un traitement thermique appelé le recuit qui le rend encore plus souple, le marteler pour lui donner la forme désirée. C’est ce qu’on appelle la chaudronnerie. Les tôles sont ensuite reliées entre-elles par soudage de technologie TIG. Longtemps  réservée à l’industrie aérospatiale, ce procédé, qui est toutefois difficile à maitriser, est maintenant accessible au public. Il permet de lier l’une à l’autre des sections de métal de même nature, sans qu’aucune de ses propriétés ne soit diminuée.  Au final, une sculpture en laiton chaudronné aura une parenté certaine avec une autre sculpture en bronze coulé, surtout au niveau de la patine, car c’est le cuivre présent dans les deux alliages qui s’oxyde au contact de l’air et de l’eau de pluie. À l’échelle du présent projet, la fonderie serait non seulement hors de prix, mais représenterait un défi technique quasi irréalisable, l’histoire nous le démontrant. Fort heureusement, la chaudronnerie met davantage en évidence la minutie et l’expérience des spécialistes de ce métier que  l’ampleur des moyens de nature industrielle nécessaires à la fonderie. »