Art public

Nymphéas, 2011, Aluminium et bois torréfié, longueur 10,9 mètres, Photo : Michel Dubreuil

Nymphéas

2011, Aluminium et bois torréfié, longueur 10,9 mètres

Photo: Michel Dubreuil

 

Projet d'intégration  des arts à l’architecture au Centre sur la biodiversité de Montréal

 

Je présente ici une œuvre qui s’harmonise au caractère intime du lieu, qui va dans le sens de l’idéologie du Centre sur la biodiversité et qui offre aux spectateurs la possibilité de rêver à travers un jeu visuel de labyrinthes à la surface de l’eau.

L’utilisation du bassin comme support de cette œuvre de bois torréfié et d’aluminium laisse la courette libre pour les expositions extérieures. L’œuvre joue de polyvalence en étant à la fois monumentale et discrète. Aussi, les motifs se contemplent autant de l’intérieur que de l’extérieur, de même que des bureaux des autres bâtiments.

Le choix du peuplier faux-tremble comme bois de recouvrement s’est fait sous le signe de l’engagement social et écologique. Une fois torréfié, ce bois acquiert les qualités des essences rares et même exotiques. L’aluminium possède quant à lui des qualités intrinsèques qui le rendent indispensable, voire irremplaçable. Il est ici le pendant moderne et sous-jacent du bois qu’il porte (structure) et met en valeur.

On décèle dans l’œuvre tout un répertoire de pistes quant à sa signification. On croira y voir un oiseau, une plante, un poisson… On est toujours dans le vrai et le faux à la fois, car chacune de ces lectures est mise en doute par l’arrivée d’une autre. À travers ces illusions, toutefois, quelque chose de plus organisé émerge et persiste. Il s’agit d’un chemin, d’un tracé, d’une constellation, d’une structure étoilée scintillant dans l’eau tremblante du bassin. L’ensemble peut également évoquer une réflexion des nuages du ciel, qui sont justement les maîtres des évocations furtives.

Philosophiquement, nous sommes en présence de concepts s’opposant, tels l’ordre et le désordre, le rationnel et l’intuitif, la stabilité et la turbulence, le rêve et le réel. L’œuvre propose donc une migration évolutive : en partant de ce que nous percevons et que nous appellerons le réel (des formes et des couleurs), d’autres mondes possibles apparaissent, jaillissent momentanément du chaos. Ce sont, ici, l’art, là, la science, qui s’esquissent et s’entremêlent parfois. Mais la solution simple, la clef, n’existe pas, et chacun balisera son propre sentier.